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Lauréats jeune création

Lauréats Appel à candidature

"Jeune création" #1

Peintre, graveuse, plastien-ne, photographe et dessinateur 

Les seuils convergents Il existe des lieux de passage que l'on franchit parfois sans les voir. Un souvenir devient image. Une matière devient paysage. Un visage devient récit. Une photographie devient refuge. Une pratique quitte l'espace de l'atelier ou de l'école pour rencontrer un regard. C’est de ces instants de bascule que naît Les Seuils Convergents. Réunissant les six lauréat·es de l'appel à candidatures 2026, l'exposition rassemble des démarches qui explorent chacune, à leur manière, ces zones intermédiaires où quelque chose persiste tout en se transformant. Corps, lieux, mémoires, matières et images y apparaissent comme des territoires mouvants, traversés par le temps, l'expérience et le regard. Le seuil n'est pas ici une frontière, mais un espace de relation où se tisse un lien transitoire. Un lieu où les formes se muent, où les traces demeurent sans être intactes, où le réel continue d'exister sous d'autres apparences. Les peintures et installations de Clara Segura ouvrent ce parcours à travers des espaces habités par des rémanences discrètes. Entre l'intime et l'impersonnel, le familier et l'étrange, ses images semblent émerger d'une mémoire incomplète ou d'un récit en cours d'élaboration, fait de lacunes et de rémanences. Les lieux domestiques qu'elle convoque ne sont jamais tout à fait reconnaissables ; ils deviennent, par le prisme de formes sculpturales, des projections de territoires mentaux où mémoire personnelle et mémoire collective se confondent, tandis que la peinture interroge les limites mêmes du cadre et du seuil de l'image. Cette présence fragile de la mémoire trouve un écho particulier dans le travail de Jeanne Brenot. À partir des photographies réalisées lors d'un séjour au Portugal, avant que la tempête Kristin ne transforme profondément les lieux qui l’avaient accueillie, l'artiste entreprend un patient travail de réactivation. Dans l'intimité du laboratoire, elle altère, transforme et réinterprète ses tirages comme on ravive un souvenir menacé d'effacement. Les images deviennent alors les derniers abris d'un paysage inaccessible, les fragments préservés d'une géographie affective que le temps a déjà commencé à modifier. Avec Cyril Le Boulaire, le paysage devient matière. Son travail puise dans les phénomènes d'érosion, de dépôt et de disparition observés sur le littoral normand. Empreintes, prélèvements, action de l'eau, abrasion, couture ou broderie déplacent continuellement l'image d'un support à l'autre. L'œuvre conserve les marques de ce qu'elle a traversé. Les blessures du paysage y deviennent visibles, mais aussi les gestes de reprise qui tentent d'en maintenir la mémoire. Chez Marthe d'Ableiges, le seuil prend la forme du corps. L'autoportrait, omniprésent dans sa pratique, devient un terrain d'expérimentation où se mêlent observation, fiction, humour et introspection. Reflets, déformations, objets fétiches et mises en abyme déplacent sans cesse la représentation de soi, jouant de la double appartenance au statut de peintre et de modèle. Le visage n'y apparaît jamais comme une identité stable, mais comme une construction mouvante, façonnée par le temps, les souvenirs et les récits que l'on se raconte. Cette attention aux formes discrètes du quotidien traverse également le travail de Benjamin Pléau. Son regard se pose sur des visages, des objets familiers, des fragments de vie ou encore des autoportraits. À travers le dessin, qu'il envisage comme un temps d'attention et de lenteur, ces motifs sont repris, déplacés et réinterprétés selon un principe de variation continue. L'ordinaire acquiert alors une présence nouvelle, révélant ce qui demeure lorsque l'image cesse de chercher l'événement pour se consacrer à l'observation. Avec Maxime Naveteur, le changement d'échelle ouvre d'autres territoires. Un carré de mousse devient forêt, quelques brindilles dessinent une chaîne montagneuse, une goutte d'eau suspendue se transforme en lac imaginaire. Guidé par un regard nourri de science-fiction autant que d'observation, l'artiste révèle les mondes contenus dans l'infiniment petit. Ses photographies nous rappellent que le paysage n'est peut-être qu'une question de point de vue. Réunies dans un même espace, ces six démarches ne racontent pas une histoire unique. Elles dessinent plutôt une constellation de passages, une cartographie sensible de ce qui se transforme dans une zone discrète, presque en retrait du regard. Les Seuils Convergents désigne ainsi autant les territoires explorés par les œuvres que la rencontre qui les rend aujourd'hui visibles. Pour ces artistes émergents, autodidactes ou diplômé·es, cette exposition constitue également un moment de franchissement : celui qui conduit de l'espace intime de la recherche et de la création vers celui du partage et de l'exposition. La galerie devient alors un lieu de convergence. Un lieu où des trajectoires singulières se croisent, où des sensibilités distinctes entrent en résonance, et où chaque œuvre révèle, à sa manière, ce qui demeure vivant dans les métamorphoses du monde. Agathe Occhipinti

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Horaires d'ouverture

Vendredi :                      15h-18h

Samedi :     11h-13h      15h-18h

Dimanche : 11h-13h

23 & 25 rue Nationale

72340 La Chartre sur le Loir

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