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Brunet galerie

EXPOSITION
TANDEM

Mathilde Brunet
Photographe

TANDEM A l’instar d’un tirage photographique, la structure et la cohérence de notre mythologie se révèlent toujours après-coup. L’image a chez moi la force du fil rouge, celui duquel on s’éloigne parfois, mais vers lequel, irrésistiblement, on revient toujours. Détournée de la pratique et de mes envies plastiques par une longue nuit universitaire2, c’est pourtant à la faveur de cette obscurité que j’ai pu construire et consolider mon cheminement réflexif autour des arts, préparant par là même le terrain de ma vision et de ma pratique photographique. Mon axe de recherche consistait à étudier l’image photographique sujette à des altérations provoquées par des effets de contingence et de corruption, et ce notamment à travers l’œuvre du photographe et écrivain Éric Rondepierre. Curiosité, réminiscences, inclination, il m’a fallu répondre à ce besoin impérieux de quitter l’espace du commentaire pour gagner celui de la création. Autodidacte, je pratique la photographie numérique depuis une dizaine d’années, apprentissage auquel est venu se greffer celui de l’argentique, plus récent. Aucune démarche spécifique ne préside à la réalisation de mes images si ce n’est l’avidité constante que j’éprouve dans la recherche historique, esthétique et technique du médium. Toutefois, à bien y regarder, il se trouve que certaines choses reviennent, résistent, demeurent. Paysages, natures mortes, portraits et autoportraits sont des genres que ma photographie traverse et interroge. Et c’est au noir et blanc que revient la préséance, la couleur ne ponctuant encore que çà et là ma production. Comme une grisaille, j’ai plaisir à parcourir et à travailler l’infini nuancier qu’offrent les valeurs de gris, aimant particulièrement pousser la lumière jusqu’au seuil de sa visibilité. Matière de l’image ou Image de la matière, il me semble être à la confluence des deux. Mes préoccupations esthétiques charrient souvent les mêmes topoï servant de points d’ancrage à mon imagination : le temps, le trivial, le bestiaire, le corps fragmentaire, le monstrueux et le sublime, le phénomène du masque, la déclinaison du motif, la discussion entre les arts, la tension dialectique entre création et destruction, la poétique de la représentation avec certains de ses mythes fondateurs, et j’en passe. Inlassablement, véritable derviche tourneur, je gravite autour des mêmes concepts d’altération, de seuil, d’écran, de trace, d’effraction, d’intrusion, ou encore et surtout, d’intermédialité. La transversalité entre les arts forme selon moi un écosystème qui s’écoute et s’apprend. Ainsi, la peinture, la sculpture, le cinéma, et les littératures historiques et théoriques qu’induisent chacun des média, nourrissent le champ de ma photographie et interagissent avec elle. Il s’agit toujours de comprendre ce qu’on manipule et de savoir ce qu’on en fait. Mais il est des propensions puissantes qui priment et qu’on ne peut nier, en l’occurrence chez moi celle de vouloir faire tableau. Intrinsèquement, mon approche de la photographie est picturale, filiation oblige. Mon père, Guy Brunet, artiste peintre, a empreint mon système référentiel de son goût pour la peinture. Plus encore, il m’y a fait participer. Je fus et je continue à être son modèle. Seulement, le temps passant, il est aussi devenu le mien. Se trame alors depuis des années une collaboration inavouée dans laquelle s’observent des réflexions esthétique et plastique parallèles dont la complicité n’exclut pour autant pas les désaccords. Mes recherches photo-picturales résultent en partie de cet héritage paternel et prennent différentes directions. Dans cette exposition en duo, on pourra en considérer quelques-unes dont la principale consiste à trouver le moyen de créer des analogies formelles de façon à intégrer la figure du peintre dans son œuvre. Pose B, motif de la fumée ou tableau prothétique performé concourent à faire s’interpénétrer les deux régimes que sont la photographie et la peinture, célébrant ainsi au cœur de ces allers- retours les enjeux de leur contamination mutuelle. Mathilde Brunet, Mars 2024.

Guy Brunet
Peintre

HUIS CLOS Constance et discipline comme maîtres-mots à l’endroit de Guy Brunet et de ses pinceaux. Né en 1958 au Mans, il fut professeur de dessin aux Beaux-Arts de cette ville (1983-2020). Trente-sept années consacrées à l’enseignement qui n’eurent raison ni du peintre ni de son dévouement. Prolifique depuis que sa main sait manier le crayon, la production de Guy Brunet comptait à ses débuts de nombreux pastels, auxquels succèderont, rapidement et pour de bon, des peintures à l’huile, à foison. Ponctué çà et là par le paysage, l’animal ou l’objet, son œuvre pictural est surtout principalement connu pour traiter de la figure humaine. Le portrait, l’autoportrait et la nature morte prévalent donc au cœur de son dessein, l’occasion avec cette exposition d’en présenter quelques-uns. Répétition des figures, habileté de la facture, restriction de la gamme, nul besoin du gage de la signature pour que sa peinture soit reconnaissable. Voyez cette grisaille où la main empoigne le crâne. Issue d’une série d’huiles sur papier, le peintre s’est ici concentré sur le buste de sa fille qui, cadrée à mi-corps en plan resserré, expose de ses mains un crâne mille fois retourné. Décapitée par le cadrage, la tête de Mathilde est pareille à celle de St Denis, libérée de son tronc et livrée aux paumes de ses mains. Dans le plus grand souci du gris, l’artiste fait alors valoir cavités et saillies, il épuise son sujet, ne voulant plus de lui aucun secret. Encore couché dans la feuille du boucher, le lapin écorché suscite en lui le même intérêt : sur quatre mètres carrés, en quatre lignes et quatre colonnes, le corps du lapin inanimé, en parfait gymnaste, s’agitent à la faveur des poses que l’artiste lui donne. Les lapins dépouillés, nimbés du blanc de leur linceul, ondoient comme l’écume des vagues à mesure qu’ils se contorsionnent. Grand nuancier d’une chair qui périt, cet ensemble sens dessus dessous, loin des représentations traditionnelles de la nature morte, accorde à la mort un certain sens de la vie. Dans ses portraits, Guy Brunet fonctionne également en série, notamment quand l’inspiration lui vient de Pasolini. Visages éprouvés, chahutés par les reflets contraires d’une lumière acérée, le peintre voit dans les figurants de L’Évangile selon Saint Matthieu, le terrain pictural d’un apostolado. Résultant d’arrêts sur image, Pierre, Jean-Baptiste, Judas et les autres gagnent dorénavant chacun l’espace d’un tableau avec en prime une nouvelle peau. Désolidarisés du ruban filmique, la carnation peinte et inventée, les apôtres sont autres, quoique toujours disciples. Aux côtés de ces hommes sentant l’odeur de térébenthine et de sainteté, se tiennent d’autres portraits, ceux de ses deux filles, dont la particularité réside dans l’exhalation de la fumée. On lui connaissait davantage ces portraits aux visages grimés d’un détail pictural inopiné, pareil à un morceau de page qu’on arrache, désinvolte, à un livre d’histoire de l’art. C’est désormais la tête dans les nuées qu’Hélène et Mathilde Brunet sont invitées à poser, exhalant de leur bouche un motif de fumée dont la contingence de la forme et de ses trajectoires renferme un potentiel à exploiter, donnant ainsi à voir le souffle incarné. Hasard heureux du masque gazeux faisant évènement en lieu et place du modèle, les enjeux de la figure humaine s’en trouvent chamboulés. En dernier lieu, il y a cette façon que le peintre a de conjuguer les genres entre eux. Adjoints au même châssis, lapins écorchés et portraits enfumés concourent dans leur insolite mariage à s’accommoder. Cet ensemble composite fait triompher la verticalité d’un rythme qui, scandé par la nature morte et le portrait, orchestre le plus bel effet. En regard de ces tableaux, quelques échos, tous photographiques. Car pour la première fois, Guy et Mathilde Brunet exposent en duo leur production artistique. Partenaires de vie ou membre d’une même famille, bien des couples en art se sont associés. Il en est de même pour ce père et cette fille cadette qui réciproquement s’instrumentalisent pour mener à bien leurs projets. Modèle de l’un, modèle de l’autre, Guy pose et utilise les photos de Mathilde, laquelle pose et utilise ses tableaux. Et bien que le peintre porte l’ascendance dans cette dynamique, leur association dans cette exposition a le mérite de jeter un jour nouveau quant à l’imprégnation photographique de ses travaux. Mathilde Brunet, Mars 2024.

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Vendredi :                      15h-18h

Samedi :     11h-13h      15h-18h

Dimanche : 11h-13h

23 & 25 rue Nationale

72340 La Chartre sur le Loir

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